Confisquer le portable de son ado : bonne ou mauvaise idée ?

Comme nous l’écrit Michel Fize dans son livre “J’aide mon adolescent à grandir”, le “portable ou mobile est l‘outil de l’autonomie par excellence.”

L’adolescent peut contacter qui il veut, quand il veut.

49% des 12-13 ans en possèdent un. Tandis qu’il sont 95% à 16-17 ans.

Plus d’un tiers des 12-17 ans s’en servent pour naviguer sur internet et plus de 10% pour envoyer des e-mails.

Confisquer un portable à titre de sanction n’est pas recommandé. 

Ce portable n’est en effet pas un simple objet, c’est surtout un attribut identitaire. Il fait partie du “moi” de l’adolescent.

Outre la ressource numérique qu’il représente, le portable est un lien vers d’autres ados. Or, l’aspect social est primordial à cet âge.

Par conséquent, plutôt que de l’en priver, mieux vaut lui apprendre à s’en servir selon des règles établies ensemble. C’est une approche responsabilisante.

  • combien d’heures sont autorisées par jour ?
  • selon quel horaire ? (extinction des portables à 21 h par exemple)
  • quelles applications sont OK ?

Ces règles et préconisations doivent faire l’objet d’un dialogue et peuvent être formalisées avec un contrat (voir cet article)

 

L’utilisation du portable et le comportement d’un ado qui aurait tendance à s’isoler est aussi un signal d’alerte.

Il est donc essentiel de discuter avec son ado, y compris de ce qu’il découvre via les écrans ou de lui indiquer que nous sommes là s’il tombe sur un contenu choquant.

 

Enfin, rappelons deux choses :

  • ce sont nous, parents, qui avons offert un portable à nos ados
  • notre propre utilisation leur sert de modèle : si nous, adultes, ne pouvons nous détacher de notre smartphone, difficile d’exiger un tel comportement modéré vis à vis de nos ados.

Et si la situation n’évolue pas ?

Il peut y avoir un phénomène d’addiction plus ou moins profond. Cette addiction est facilitée par la structure et les algorithmes des applications telles que Youtube ou Instagram qui proposent du contenu “ajusté” aux goûts et croyances des utilisateurs dans le but de les garder connectés (ce sont des clients potentiels pour les annonceurs).

L’addiction est susceptible de s’installer en cas de mal-être, comme un échappatoire mental qui occupe l’attention et aseptise les émotions parfois douloureuses. Traiter la cause avec des professionnels (comme des psychologues) peut s’avérer profitable pour l’adolescent et sa famille.

L’option d’un logiciel de contrôle parental est également envisageable. L’installation de ce type de logiciel ne doit pas apparaitre comme une punition mais comme un garde-fou pour protéger l’adolescent de contenus explicites ou pour l’aider à réguler son temps d’écran. J’ai eu notamment l’occasion de tester l’application Screen Time qui semble prometteuse.

 

À lire :

« J’aide mon adolescent à grandir » de Michel Fize est disponible sur

 

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