Conseils et outils pour mieux gérer les conflits avec son ado

Et si les conflits étaient des opportunités d’apprentissage pour tous ? En changeant de point de vue et en utilisant quelques astuces de communication, il est possible de transformer les conflits et d’en diminuer la fréquence. Car, en effet, en y réfléchissant bien, chacun cherche avant tout à répondre à ses besoins et il existe des solutions qui conviennent à tous. Alors, essayons de collaborer.

Explications de Pascale Roux dans le livre « Apprivoiser son ado » et outils à découvrir pour pacifier les rapports au sein de la famille.

 

Le conflit et sa résolution :

Les conflits intergénérationnels donnent de la consistance au mot « crise d’adolescence ». Ce n’est pas évident tous les jours.

Les ingrédients du conflit sont :

– divergence d’opinion.

– charge émotionnelle importante liée à  un sujet avec un fort enjeu.

– volonté de soumettre l’autre à son opinion.

 

Deux réactions sont alors possibles :

– la soumission qui marque la fin du conflit.

– la rébellion pour reprendre l’ascendant.

 

Afin de sortir d’un conflit, nous devons intervenir sur ces ingrédients. Les croyances, par exemple, qui influent sur les pensées. Il y a moyen de remplacer des croyances à haut risque de conflit par des croyances plus saines.

Pascale Roux nous en donne quelques-unes :

le conflit n’est pas la confrontation :

Un conflit abime une relation. Tous le monde est perdant en ressentant colère et ressentiment. Au lieu de rentrer dans un conflit, mieux vaut se confronter via un feedback.

Cela signifie que l’on met l’adolescent en face d’un miroir, afin qu’il prenne conscience de ses actes et ajuste sa position. L’adolescent a besoin de ce reflet pour se construire.

 

le conflit permet de se rencontrer dans la différence :

Et si le conflit était une façon de s’enrichir des opinions d’autrui ? Un adolescent peut ainsi apporter un point de vue créatif sur un sujet. Écoutons-le.

 

dissocier la personne de son comportement : 

Ce que nous sommes et ce que nous faisons sont deux choses différentes. Évitez d’étiqueter ou de juger la personnalité de votre ado. Des étiquettes telles que « flemmard », « pas sérieux », « maladroit » collent à la peau, même une fois adulte.

 

– tout comportement a une intention positive :

L’idée est de ne pas se sentir systématiquement visé par le comportement d’autrui. Ceci est de l’ordre de l’interprétation. Un ado est essentiellement centré sur lui-même. Ses réactions et actions vont dans le sens d’une satisfaction de ses besoins.

 

Astuces pour désamorcer les conflits

« Je vois que tu ressens de la colère » : cette simple phrase d’un parent vers un ado indique que notre ambition est d’aider et non de soumettre.

Cela signifie « Je t »observe. J’ai remarqué que tu ressentais une émotion. Peut-être ne t’en es-tu même pas rendu compte. Cette émotion vient d’un besoin qui te fait défaut. Voyons comment collaborer ensemble pour trouver une solution, car moi-aussi j’ai mes besoins à satisfaire. »

Ce regard empathique vers l’autre déconnecte aussi le processus de colère qui pourrait enflammer les débats.

Autre astuce si la situation est tendue, on peut proposer à notre ado de prendre 3 minutes pour nous apaiser et revenir discuter calmement. Rappelons-nous que nous ne sommes pas obligés de réagir en laissant nos émotions fortes aux commandes et qu’une temporisation de quelques instants fait des miracle sur notre état émotionnel et notre stress.

Je vous présente maintenant un outil qui a le mérite d’offrir la possibilité d’écrire pour dénouer un conflit.  Il se base sur la communication non violente de Marshall B. Rosenberg. Cette communication s’articule ainsi :

  • Observation (O) : décrire la situation vue/entendue/… sans juger (ne pas employer le « tu »)
  • Sentiment (S) : exprimer les sentiments et attitudes suscités dans cette situation en employant le « je »
  • Besoin (B) : identifier et exprimer les besoins (un besoin insatisfait = émotion désagréable) ,
  • Demande (D) : faire une demande respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement. Si cela est possible, que l’action soit faisable dans l’instant présent.

La phrase complète qui illustre la cnv est :

« Quand je vois/j’entends [décrire la situation sans juger], je ressens [citer l’émotion ressenti] car j’ai besoin [décrire le besoin] alors je demande [citer l’action qui viendra satisfaire le besoin].

 

Source : « Apprivoiser son ado » de Pascale Roux est disponible sur amazon.fr.

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