Pourquoi les étudiants devraient avoir droit à des jours de congé pour leur santé mentale
La santé mentale des jeunes est un enjeu majeur de notre société contemporaine. Dans une conférence inspirante, Hailey Hardcastle partage son expérience personnelle et son combat pour normaliser la prise en charge de la santé mentale à l’école, au même titre que la santé physique.
Une expérience personnelle révélatrice
Dès l’âge de six ans, Hailey a commencé son parcours avec la santé mentale, diagnostiquée plus tard avec une anxiété liée à un traumatisme et une dépression clinique. Pour l’aider à faire face, sa mère a mis en place un accord : Hailey avait droit à trois « jours de repos pour santé mentale » par semestre, à condition de maintenir de bons résultats scolaires. Cette option, même lorsqu’elle n’était pas utilisée, lui offrait un filet de sécurité qui l’a aidée à rester une élève heureuse et en bonne santé.
Cependant, en arrivant au lycée, elle a pris conscience que la détresse psychologique dépassait largement son cas personnel. Sa communauté a été tragiquement frappée par plusieurs suicides d’adolescents. En Oregon, le suicide est d’ailleurs la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 10 à 24 ans.
De la prise de conscience à l’action législative
Face à ce constat alarmant, Hailey et d’autres étudiants ont refusé de rester les bras croisés. Ils ont créé un comité appelé « Students for a Healthy Oregon » (Étudiants pour un Oregon en bonne santé) avec pour mission de briser les tabous autour de la santé mentale.
Soutenus par des lobbyistes et des professionnels de la santé, ils ont milité pour le projet de loi House Bill 2191, qui permet aux élèves de prendre des jours de congé pour des raisons de santé mentale, exactement comme ils le feraient pour une maladie physique. En juin 2019, ce projet est officiellement devenu une loi dans l’Oregon.
Comment cela est mis en place et pourquoi est-ce crucial ?
La loi n’est pas un simple « laissez-passer » pour sécher les cours. Les parents doivent toujours appeler l’école pour excuser l’absence. L’avantage majeur est que l’école enregistre cette absence spécifiquement comme un « jour de santé mentale ». Ainsi, si un élève en prend trop fréquemment, il est orienté vers le conseiller d’orientation ou le psychologue de l’école pour un suivi. Cela permet d’identifier les élèves en difficulté avant qu’il ne soit trop tard.
Hailey souligne une incohérence frappante dans notre éducation : si beaucoup d’entre nous apprennent les gestes de premiers secours comme la RCR (réanimation cardiorespiratoire) à l’école, presque personne n’est formé pour gérer une crise de santé mentale. Pourtant, le corps et l’esprit sont intimement liés.
Il est normal de ne pas aller bien
Le message fondamental de cette initiative est simple mais puissant : la santé physique et la santé mentale sont d’égale importance. Il est toujours acceptable de ne pas aller bien et de ressentir le besoin de faire une pause.
La vie est comparable à un marathon, et non à un sprint. Si l’on s’épuise dès le début, on risque le burn-out. Apprendre à ralentir et à prendre soin de soi, tout en veillant sur les autres, est la clé pour avancer sereinement. Comme le disait la mère de Hailey : « De temps en temps, fais une pause ».
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