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Comprendre le cerveau adolescent : entre tempête émotionnelle et maturation cognitive

L’adolescence est souvent perçue comme une période de turbulences, de prises de risques et d’hypersensibilité. Grâce aux avancées de l’imagerie cérébrale (IRM), nous comprenons mieux aujourd’hui pourquoi les adolescents agissent comme ils le font. Ce n’est pas un manque de volonté, mais le résultat d’un cerveau en pleine restructuration. Voici un résumé des propos de DR Iroise Dumontheil.

1. Un cerveau en chantier : le décalage de maturation

Le concept clé de l’adolescence est le « mismatch » (décalage) entre deux systèmes majeurs du cerveau :

  • Le système limbique : Responsable des émotions et de la récompense, il devient hyperactif dès la puberté sous l’influence des hormones.

  • Le cortex préfrontal : Siège de la logique, de la planification et du contrôle de soi, il ne finit sa maturation que vers 25 ans.

C’est comme si un adolescent conduisait une voiture dotée d’un moteur très puissant (les émotions), mais de freins encore en construction (le contrôle cognitif).

2. L’élagage synaptique : « Moins pour plus »

Pendant cette période, le cerveau subit un processus fascinant appelé élagage synaptique. Plutôt que de multiplier les connexions, le cerveau élimine celles qu’il n’utilise pas pour renforcer les circuits les plus efficaces. En parallèle, la myélinisation (une couche de graisse autour des neurones) accélère la vitesse de transmission des informations. Le cerveau devient ainsi plus spécialisé et rapide, mais perd en plasticité brute.

3. Le poids du regard social

L’une des découvertes les plus marquantes concerne l’influence des pairs. Une étude montre que la présence d’amis double le nombre de prises de risques chez les adolescents.

Pourquoi ? Parce que pour le cerveau adolescent, le risque social (être exclu du groupe) est bien plus terrifiant que le risque physique. L’exclusion sociale provoque une détresse réelle et une activation cérébrale intense, car l’appartenance au groupe est une priorité biologique à cet âge.

4. Les fonctions exécutives : les outils du succès

Les fonctions exécutives sont les capacités qui permettent de réguler le comportement pour atteindre un but. Elles continuent de se développer tout au long de la scolarité :

  • La mémoire de travail : Essentielle pour les mathématiques et la résolution de problèmes complexes.

  • L’inhibition : La capacité à ignorer les distractions (comme un téléphone) pour se concentrer sur une tâche.

5. Pistes pour l’éducation et l’accompagnement

Comment aider les adolescents à traverser cette période ?

  • Enseigner le fonctionnement du cerveau : Expliquer aux jeunes que leurs émotions fortes sont normales et liées à leur biologie peut les aider à mieux les réguler.

  • Le « Scaffolding » (Étayage) : L’adulte doit agir comme un soutien temporaire, en aidant l’adolescent à planifier et à organiser ses tâches, tout en s’effaçant progressivement pour laisser place à l’autonomie.

  • Valoriser la métacognition : Encourager l’adolescent à réfléchir sur ses propres stratégies d’apprentissage et de régulation émotionnelle.

Conclusion

L’adolescence n’est pas une pathologie, mais une période de vulnérabilité et d’opportunités. En comprenant que le cerveau est « en travaux », parents et enseignants peuvent transformer cette phase de risque en une phase d’exploration positive et créative.

Source : Conférence « La régulation du comportement et des émotions pendant l’adolescence », Association pour la recherche en neuroéducation.

Lien de la vidéo :


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Une réflexion sur “Comprendre le cerveau adolescent : entre tempête émotionnelle et maturation cognitive

  • Bréard

    Comment aider mon enfant, 17 ans quand il ne respecte pas les règles. Sors les week end, boissons alcoolisés et relations sexuelles non protégées. Malgré nos discussions, il connait les risques je trouve que c’est trop et comment l’aider à prendre conscience réellement des dangers car pour les rapports même un médecin en a parlé avec . J’ai l’impression que le gout du risque et la liberté et un parler un peu trop cru .
    Je suis un peu perdue.

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