Adolescence et troubles DYS : Comprendre le cerveau de son ado pour mieux l’accompagner
L’adolescence est déjà en soi une période de profonds bouleversements. Mais lorsque votre enfant vit avec un trouble spécifique des apprentissages (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie ou dyspraxie), le quotidien peut parfois ressembler à un véritable parcours du combattant.
Entre les devoirs qui s’éternisent, les sautes d’humeur et la peur pour son avenir scolaire, comment trouver le juste équilibre ? Dans un récent épisode du podcast Parentalité et Adolescence, la psychologue Myriam Bousse apporte un regard précieux et déculpabilisant sur cette double réalité.
Voici les clés pour ajuster notre posture de parent, favoriser la coopération et soutenir l’estime de soi de nos adolescents.
C’est l’adolescence OU c’est le trouble DYS ?
C’est une question que se posent de nombreux parents face au comportement de leur enfant. La réponse est simple : c’est l’un ET l’autre.
Votre adolescent doit composer avec une double charge. D’un côté, son cerveau continue de traiter les informations d’une manière qui lui demande une énergie considérable (la condition DYS). De l’autre, il traverse une véritable tempête hormonale et neurologique.
Ces deux réalités s’entremêlent. Le stress, déjà très présent chez les enfants atypiques face aux exigences scolaires, est décuplé à l’adolescence. Garder cette information en tête est essentiel : lorsque la communication bloque, ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté. C’est le résultat d’un cerveau en plein « recâblage », qui gère en parallèle une grande fatigabilité cognitive.
L’éclairage des neurosciences : ne le prenez pas personnellement
Face à une réaction explosive ou à ce qui ressemble à de l’insolence, notre premier réflexe de parent est souvent de nous braquer. Pourtant, la neurobiologie nous offre une clé de lecture apaisante : la plupart du temps, ils ne le font pas exprès.
Le cerveau de l’adolescent est en plein chantier. Le cortex préfrontal, zone responsable de la régulation des émotions et de l’anticipation, est encore immature. À l’inverse, les zones liées aux émotions fortes réagissent au quart de tour sous l’effet des hormones.
Si votre ado s’emporte face à un exercice de mathématiques ou refuse de s’y mettre, comprenez que son cerveau est parfois littéralement « inondé » par le stress. Comme le recommande l’ouvrage Le cerveau de l’adolescent de Frances E. Jensen, comprendre ces mécanismes biologiques permet de faire un pas de côté et de remplacer le rapport de force par l’empathie.
Favoriser l’autonomie et la coopération (et arrêter de faire à leur place)
L’un des conseils les plus percutants pour les parents d’ados DYS est le suivant : arrêtez de les « materner ».
En tant que parents, voir notre enfant lutter nous pousse naturellement à vouloir tout résoudre pour lui : appeler les professeurs, exiger des adaptations, organiser son cartable. Si cette protection est nécessaire dans l’enfance, elle devient un frein à l’adolescence.
L’objectif n’est plus de faire pour lui, mais de l’accompagner pour qu’il apprenne à faire avec sa particularité. Si un professeur oublie de lui fournir un texte agrandi, c’est à l’adolescent de trouver le courage d’aller le réclamer.
Cela lui demande un effort immense, et c’est précisément là que réside votre rôle :
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L’écouter exprimer son appréhension.
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Le guider pour préparer ce qu’il va dire.
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Valoriser sa démarche ensuite.
En passant d’une posture de protection à une posture de coopération, vous lui offrez le plus beau des cadeaux : la capacité de s’affirmer et de défendre ses besoins dans sa future vie d’adulte.
Préserver l’estime de soi avant tout
L’école a souvent tendance à pointer ce qui dysfonctionne. Le risque majeur à l’adolescence est que le jeune finisse par se définir uniquement par ses échecs scolaires et se dise : « De toute façon, je suis nul. »
Notre rôle de parent est de dissocier son intelligence de sa condition. Avoir un cerveau qui traite l’information différemment ne signifie en aucun cas un manque d’intelligence. Le trouble DYS peut être un frein dans un système scolaire classique, mais il ne définit pas qui est l’adolescent ni ce dont il est capable.
Pour aller plus loin : des ressources à partager
Pour dédramatiser et ouvrir le dialogue à la maison, n’hésitez pas à vous appuyer sur des supports visuels et accessibles, comme les bandes dessinées dys et ordinaire. Découvrir que d’autres traversent les mêmes défis — et réussissent ! — est un puissant moteur de confiance.
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