Une clé pour comprendre les conflits mère-fille à l’adolescence

Jesper Juul, thérapeute familial et conférencier de renommée internationale, nous donne un éclairage quant aux conflits fréquents qui interviennent entre une mère et une jeune fille. 

Selon lui, cette opposition nait d’une peur de ressembler à leur mère, pas dans le sens d’une absence d’attachement ou d’un dégoût mais plutôt dans un désir de se différencier afin de forger sa propre personnalité. Il y a donc un conflit interne : « je t’aime et je suis différente. Je souhaite être reconnue pour ce que je suis. ».

La recherche d’identité est par conséquent le moteur de cette prise de distance parfois douloureuse. Dès que cette identité est trouvée, les rapports mère-fille s’apaisent naturellement.

Parmi les tentatives de distanciation, le mensonge peut être un outil pour dissimuler les actions qui visent à l’affirmation de soi et qui seraient, selon l’interprétation de l’ado, désapprouvées par l’adulte. « Je veux bien dire la vérité sur moi-même, mais je n’ai pas fait l’expérience que cela mène à des discussions constructives. »

La fréquence et l’intensité des oppositions parent/ado sont souvent liés au langage employé par les parents. Par exemple, en jouant le rôle de moralisateur ou de critique, les adolescents se retrouvent confrontés à une force (ou autorité arbitraire) qui tentent de les manipuler pour leur imposer une conception de la vie qui n’est pas la leur. De plus, il y a dans ce comportement parental de juge un sous-entendu d’incompétence et de déficience de savoir. « Je sais mieux que toi. »

C’est particulièrement à la puberté, synonyme de quête d’autonomie et de responsabilité couplé au poids social grandissant vis à vis des pairs, que ce message n’est plus accepté par l’adolescent. Les ordres des parents entament la confiance et le sentiment de sécurité des ados qui réagissent donc en se défendant et provoquant.

Pour pacifier les rapports, Jesper Juul suggère quelques solutions :

  • Être franc, rappeler l’amour inconditionnel, exprimer notre désir de parent (et d’être humain) et proposer de collaborer pour avancer : »Je t’aime, et je voudrais avoir de meilleures relations avec toi. Dis-moi ce que je dois faire pour ça. »
  • Accueillir les pensées, réflexions, des ados sans juger ni critiquer.
  • Accepter la personnalité en construction et éviter de se comparer : « Tu es toi. Je te respecte. »
  • Établir des règles en collaboration et valider des contrats moraux pour les respecter. Ces règles et contrats sont des gages de confiance. Il est judicieux d’y inscrire des règles de communication respectueuse applicables par tous les membres de la famille.
  • Eviter absolument les étiquettes qui enferment l’ado : « Tu es insolent.e. », « Tu est agressif.ve. » « Tu est idiot.e. »
  • Parler moins, écouter plus.

 

 

À LIRE :

« 4 valeurs pour réinventer l’éducation » de Jesper Juul. Disponible sur amazon.fr.

 

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