La classe renversée : et si les étudiants devenaient les professeurs ?
Et si je vous disais qu’il existe une classe devenue volontairement « bizarre » ? Une classe où les étudiants font tout et le professeur ne fait rien. Les élèves écrivent les chapitres, cherchent l’information, préparent les interrogations, créent les barèmes et corrigent même les copies. Bienvenue dans l’expérience audacieuse de la « classe renversée », imaginée par le professeur Jean-Charles Cailliez.
Le « Do It Yourself » de la connaissance
Dans cette salle de cours, aucun document n’est distribué au départ, seulement les titres des chapitres. L’espace ressemble moins à une classe traditionnelle qu’à une petite start-up dont le but serait de fabriquer de la connaissance. Les élèves utilisent leurs propres outils numériques pour rechercher, trier et publier l’information sur une plateforme collaborative. Le principe fondamental qui guide cette méthode est simple : la meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner.
Une organisation en intelligence collective
Fini le cours magistral où l’attention chute au bout de quinze minutes. Ici, les étudiants travaillent en petites équipes de six ou sept, mélangeant volontairement les niveaux de difficulté. Ils se répartissent les responsabilités et avancent ensemble. Les séances sont rythmées par des exercices de co-construction, comme les « tableaux tournants », où chaque groupe complète à tour de rôle le travail commencé par un autre.
Quand le professeur apprend de ses élèves
En bouleversant ainsi les rôles, les surprises sont nombreuses. La méthode permet de révéler des potentiels inattendus. Un étudiant persuadé d’avoir tout oublié de la biologie peut se retrouver, quelques semaines plus tard, à expliquer brillamment un mécanisme complexe au tableau. Plus étonnant encore, le professeur n’est plus le seul détenteur du savoir : il arrive que des élèves, grâce à leurs recherches en direct, corrigent leur enseignant en s’appuyant sur des publications scientifiques toutes récentes.
La pédagogie par la confiance
Derrière cette innovation, il y a une véritable philosophie de l’apprentissage. C’est une question de confiance : la confiance que le professeur accorde à ses étudiants, mais aussi celle que les étudiants doivent avoir entre eux pour réussir collectivement. C’est aussi accepter de « perdre du temps » au début, pour permettre à chacun de s’approprier les concepts et donner l’envie d’aller plus loin. L’important n’est plus la performance individuelle, mais bien le résultat global de l’équipe.
Une classe avec quarante professeurs et un seul élève, est-ce raisonnable ou simplement innovant ? Cette méthode nous prouve qu’en acceptant de prendre des risques et de sortir de sa zone de confort, on peut transformer notre façon d’apprendre.
Et vous, seriez-vous prêts à renverser votre façon d’apprendre et à prendre la place de l’enseignant ?
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