Un livre avec des conseils sur l’utilisation des portables des adolescents

Qu’ils s’en servent pour regarder des vidéos sur Youtube, poster une photo sur Instagram, suivre la vie de leurs stars favorites sur Twitter ou échanger des Snaps éphémères entre eux, jouer à des applis pendant des heures, les adolescents utilisent de plus en plus leur smartphone. Ces comportements ne sont pas sans conséquence sur leur vie, leur scolarité, leur santé et leur développement. Quant aux interactions avec leur entourage, et notamment leurs parents déjà désarçonnés par les bouleversements physiques et psychologiques de leur progéniture, elles sont parfois difficiles voire très conflictuelles à propos de ce « précieux » artefact technologique.

Afin de permettre une « reconnexion » avec nos ados et les accompagner au mieux, il est donc important d’en savoir plus sur cet outil qui occupe tellement leur attention : le portable.

Le livre de Céline Cabourg « Portables : la face cachée des ados » apporte un éclairage rigoureux et offre de nombreux conseils empreints de bon sens.

 

En voici quelques extraits :

1) « Difficile de déterminer scientifiquement le bon âge pour acheter le premier téléphone. Pourtant, tous les parents s’interrogent sur cette question, qui revient systématiquement dans chacune de mes consultations, aussi bien dans les discussions larges que plus ciblées. Je considère qu’il est raisonnable de ne pas leur mettre de portable entre les mains avant le secondaire. On peut préciser qu’il y a plusieurs facettes dans cet objet : le “téléphone écran”, dont se servent déjà les tout-petits pour des mini-jeux, et le “téléphone hors écran”, que les parents achètent pour se rassurer et calmer leurs angoisses. Auparavant, les parents laissaient vivre leurs enfants, tout en leur donnant un cadre éducatif. Aujourd’hui, ils les sollicitent de manière excessive, pour répondre à leur désir de tout réussir. Avec le portable dans la poche du petit, les parents se sentent rassurés, mais c’est une illusion. Souvent, il répond peu à leurs appels ou SMS. Quand bien même le maintien d’un contact permanent serait possible, il n’est pas souhaitable. Il est même dangereux et anxiogène. Cela insiste sur l’idée que le monde extérieur est dangereux, au risque de placer l’enfant dans un état d’inquiétude permanente. »

 

 

2) « Les parents disent souvent “mon ado est tout le temps sur Internet”, pointe Jocelyn Lachance, docteur en socio-anthropologie et en sciences de l’éducation à l’université de Pau, spécialiste des adolescents connectés. Mais quand on les interroge sur ce que l’ado y fait, ils ne savent pas répondre. Or, c’est un peu comme dans la vraie vie. C’est comme si l’enfant n’était pas chez lui, et que les parents ne savaient pas où il se trouve. Dans les deux cas, il faut les interroger, leur demander des comptes. »

 

 

3) Se méfier de Snapchat

Sur Snapchat, les adolescents se sentent libres, en confiance, puisqu’ils y discutent dans des cercles fermés d’interlocuteurs choisis. Donc, ils s’y lâchent : commentaires graveleux, blagues vaseuses, photos coquines, dénudées ou carrément pornographiques… Le côté éphémère du partage, le côté gomme magique, incitant parfois à l’excès. Sauf qu’ils ne doivent jamais perdre de vue que leurs pairs les observent et qu’ils ne sont jamais à l’abri de l’intempestive capture d’écran (le « screen »). Aussi, il ne faut pas hésiter à amener la discussion sur ce qu’ils postent. Et si « Snap » est un monde totalement opaque pour les adultes, il faut que ces derniers osent se le faire expliquer afin de pouvoir engager la discussion.

 

4) « Couper le téléphone à 22 heures C’est le point de consensus des psys et des études : le portable nuit à la qualité du sommeil. Le nombre d’heures de repos diminue, l’endormissement est plus difficile, le sommeil plus léger. Donc, non, le téléphone ne doit pas remplacer le livre avant de se coucher, et ce n’est pas passer pour un ringard que de dire ça ! Comme les ados avouent avoir du mal à décrocher par eux-mêmes le soir, il est indispensable de mettre en place des couvre-feux, qui évolueront avec l’âge. Pour rappel, les spécialistes recommandent en moyenne neuf heures de sommeil par nuit. »

 

5) « Nourrir le quotidien familial » Stéphane Clerget, pédopsychiatre « Le contrôle parental à l’adolescence a toujours été difficile. Mais il y avait moyen hier de “verrouiller” son enfant, si j’ose dire. À présent, on a toujours la possibilité de confisquer le téléphone, mais j’observe que les parents ont le plus grand mal à s’y résoudre. Finalement, le plus efficace pour que ces jeunes ne passent pas leur temps happés par les écrans, c’est de nourrir au maximum le quotidien familial. La volonté de communiquer entre parents et enfants est plus forte que dans les générations précédentes, les jeunes se confient plus mais les vrais moments d’échange sont de plus en plus rares. Il faut les provoquer, faire ensemble des activités artistiques, sportives ou ludiques. »

 

6) « Dis-moi combien tu pèses sur les réseaux, je te dirai si tu es cool. L’adolescence est une phase de construction, et celle-ci passe par la confrontation avec le regard des copains. « Le groupe des pairs du même âge assume un rôle central dans les procédures de socialisation des adolescents, puisque le mouvement d’émancipation de l’influence familiale s’opère parallèlement à un investissement intense dans les activités sociales avec les partenaires du même âge, explique le chercheur en psychologie, Michel Claes. Le phénomène de regroupement des adolescents semble être universel. »

 

7) Mieux vaut ne pas espionner ses enfants Par Danah Boyd, chercheuse en sciences humaines et sociales, spécialiste des médias sociaux et des jeunes « Le plus difficile dans votre rôle de parent, c’est de maintenir la confiance. Les nourrissons ont confiance en vous par leur nature même, mais cela se fane au fil du temps. Donc, espionner va miner cette confiance et créer un rapport malsain entre les parents et les enfants. Parfois, comme toute affirmation de la puissance, cela devient nécessaire, mais les parents doivent penser sur le long terme et se demander s’ils sont prêts à risquer leur relation avec leurs enfants juste pour les espionner. »

 

 

Source : « Portables : la face cachée des ados »de Céline Cabourg. Flammarion.

Disponible sur :

 

 

 

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