Comment intervenir lorsqu’un ado ne respecte pas les règles

L’éducation positive inclut fermeté et bienveillance. Il ne s’agit donc pas de laxisme. Ainsi, si un adolescent ne respecte pas une règle entendue et validée ensemble, il est essentiel de se montrer ferme en axant notre communication sur le comportement (et non sur la personnalité).

Ces règles constituent un cadre sécurisant pour le parent et pour l’adolescent. Elles sont un élément essentiel de la construction de la confiance (individuelle et réciproque) et du développement de l’autonomie.

Suzanne Vallières, psychologue et auteure des psy-trucs pour les ados nous suggère quelques pistes efficaces pour intervenir lorsqu’un ado ne respecte pas les règles :

  • Eviter le dénigrement, les provocations ou les violences verbales : lorsqu’on juge, critique, provoque et dénigre, l’estime de soi est mise à mal. Ce qui implique une impossibilité d’apprendre sous l’effet du stress et des émotions désagréables ressentis. Par exemple, si l’ado vient à penser qu’il est une « mauvaise » personne, cette image figée l’empêchera d’évoluer et de modifier son comportement. Ainsi, au lieu  de dire « tu es paresseux » (étiquette négative sur la personne), nous préférerons « Peux-tu ramasser tes chaussures ? » ou simplement « Chaussure » afin qu’il comprenne seul. Il est aussi envisageable de verbaliser notre ressenti en décrivant la situation en cause : « je me sens irrité/énervé quand je vois ces chaussures au sol »
  • Eviter les interventions publiques : l’humiliation est un frein à l’apprentissage et un possible déclencheur d’opposition et de conflits. Donc, en cas d’entorse à une règle, favorisons le tête-à-tête.
  • Eviter les menaces : au lieu de menacer de représailles ou de punitions, optons pour une description des conséquences naturelles des actes et un rappel du contrat moral (ou de confiance). Conséquences qui ont été expliquées préalablement : « La règle est effectivement de rentrer à 22H30. Peux-tu me rappeler la conséquence d’un retard ? Oui, la prochaine sortie est annulée. J’ai besoin de te faire confiance. »
  • Ne jamais frapper : la violence est à éviter absolument. Elle crée des dommages psychologiques et inculque une façon d’interagir basée sur l’agressivité.
  • Eviter les explications excessives, les répétitions et la moralisation : au lieu de parler longuement et de moraliser, ce qui aurait pour conséquence un « décrochage » de l’attention de l’ado, disons simplement ce que nous ressentons et surtout ce que nous attendons (formulé affirmativement).
  • Utiliser l’humour : l’humour est un excellent vecteur d’apprentissage. De plus, il fait baisser la tension des deux côtés. « Je viens de croiser la poubelle. Elle m’a dit qu’elle attendait qu’on la vide. Je lui ai répondu que la personne qui devait s’en occuper était en chemin. »
  • Rester calme : la colère abime les relations et provoque des réactions d’attaque/défense. On peut s’exprimer calmement et ainsi se donner toutes les chances de trouver des solutions en sollicitant le cortex préfrontal, siège des fonctions supérieures du cerveau, au lieu de l’amygdale, d’où naissent les émotions.
  • Faire du renforcement positif : en remarquant les comportements positifs, on les renforce. Ainsi, dire « Merci d’avoir respecté l’heure de retour à 22H30. » nous encourageons l’adolescent à réitérer ce comportement.
  • Inclure la possibilité de réparer : face aux conséquences d’une entorse à une règle, il existe un outil formateur : la réparation. Réparer peut être littéralement réparer (pour un objet cassé), remplacé ou bien il peut s’agir de réparations verbales (comme présenter des excuses).

Source : « les psy-trucs pour les ados » de Suzanne Vallières

 

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